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Fujifilm X30: le rétro qui met la composition à l’honneur

Gepost op 07/09/2015
Fujifilm X30: le rétro qui met la composition à l’honneur

J’ai testé pour vous le Fujifilm X30, dernier modèle de la gamme d’experts compacts proposés par le fabricant japonais. Un produit dont l’arrivée sur le marché, en remplacement du X20 (et du X10 avant lui), avait suscité quelques avis mitigés. Voici les résultats de mon test approfondi, après 4 semaines de voyages à Bruxelles, à Nantes, à Toulouse et en Afrique du Sud :

PRISE EN MAIN

Boitier plus volumineux et poids plus lourd

Le Fuji X30 améliore le design rétro nippon qui séduit les nostalgiques des anciens modèles argentiques de la marque, tout en y ajoutant une touche de modernité. Décliné en deux versions : noire ou bicolore argent et noir, le boitier en magnésium, tropicalisé, gagne en taille et en poids (50g de plus que le X20, sans batterie ni carte mémoire) tout en conservant l’élégance et le degré de finition de son prédécesseur.

J’ai beaucoup apprécié son aspect robuste « baroudeur », qui rassure lors de prises de vues en milieux accidentés. Son grip en caoutchouc, aux lignes plus englobantes que le X20, vient épouser ma morphologie, offrant une excellente prise en main. La poignée n’est pas très profonde, mais compensée par un léger débord sur lequel s’appuie le pouce. Un parti pris qui, à l’ère de la miniaturisation des modèles, ne fera pas que des heureux (l’appareil ne se glisse pas facilement dans une poche de veste) mais qui s’avère très précieux lors de prises de vues plus acrobatiques.

Très haut degré de finition

Les couronnes et le barillet sont en métal. Le similicuir est très agréable au toucher et garantit une saisie ferme de l’appareil, même avec les mains trempées (je l’ai testé sur le pont d’un bateau). La pression ferme des boutons, le clapet d’accès aux connectiques monté sur charnière à ressort, le crantage des molettes : tous les détails de fabrication du X30 renforcent cette sensation de robustesse et de qualité. Un gros coup de cœur sur ce point !

ERGONOMIE

Un viseur exceptionnel

La principale nouveauté de ce modèle par rapport au X20 est son viseur électronique HD “temps réel” : il affiche un temps de latence record de seulement 0,005 seconde, exceptionnel pour sa catégorie, ce qui permet de suivre un sujet en mouvement sans saccade. Avec un grossissement de 0.65x, cet EVF (Electronic View Finder) affiche la visée sur un écran OLED de 2,36 millions de pixels (une définition record, l’œil ne distingue plus les pixels !) et dispose d’une fonction de contrôle automatique de la luminosité qui garantit la lisibilité de la scène en toutes circonstances. Equipé d’un correcteur dioptrique assez ample, il nous fait presque oublier que l’on ne regarde pas au travers d’un viseur optique (je me suis immédiatement senti confortable). L’affichage est complet : il inclut entre autres les données d’exposition, la distance de mise au point, le niveau électronique, une grille de cadrage et l’histogramme.

Viseur optique ou électronique ?

Le débat entre viseur optique et électronique n’a pas fini de faire rage auprès des photographes professionnels, même si les avancées technologiques donnent peu à peu raison à l’EVF. Personnellement, j’ai une nette préférence à l’utilisation pour un bon viseur électronique plutôt qu’un viseur optique médiocre. Et les viseurs optiques des compacts font trop souvent défauts. Si l’on ajoute à cela que le viseur du X30 couvre 100% du champ de l’objectif, qu’il s’adapte à toute orientation du boitier (à l’horizontale ou à la verticale) et à toute condition d’éclairage et qu’il élimine les différences de cadrage avec l’objectif (et donc les mauvaises surprises), peut être serez-vous convaincus.

Monitoring dynamique

En appuyant sur la touche “View”, le X30 propose quatre modes de visée : viseur EVF seul, sans ou avec détection oculaire ‘excellent choix pour prolonger l’autonomie), écran LCD arrière seul, ou combinaison des deux avec détection oculaire. Après chaque prise de vue, l’image peut rester affichée dans le viseur 0,5 s ou 1 s, une option très pratique qui peut être désactivée mais qui m’aide à m’assurer que la photo est enregistrée (sans le bruit du miroir généré par les reflex, le doute persiste parfois).

Seul point faible, le dégagement oculaire faible du viseur, combiné à sa position centrée, qui fait que les utilisateurs au long nez et les photographes visant le l’œil gauche ont tendance à buter contre l’écran.

Nouvel écran orientable

Seconde nouveauté du X30, l’écran LCD gagne en taille (7,6 cm) et en résolution (920 000 points). Il devient aussi orientable, ou plutôt « inclinable » car il ne permet pas d’acrobaties (pas de mode selfie, par exemple). En revanche, si sa mobilité reste limitée, ses charnières s’en retrouvent renforcées. Quelques minutes d’utilisation m’ont confirmé la solidité de sa construction, plus convaincante que certains réflex. Son design volumineux, lui aussi, perd au niveau du style ce qu’il gagne en maniabilité : il est plus facile à saisir sur le vif de l’action. Si certains lui reprocherons de ne pas être tactile, je considère ce choix du fabricant comme une force au vu de la fréquence de pannes survenues sur l’interface tactile de mes modèles antérieurs.

Fujifilm X30 vue écran

Fujifilm rattrape son retard sur les viseurs électroniques et le complète d’un écran très confortable et à la monture robuste.

Allumage… inattendu

Si vous étiez client d’une autre marque et que vous découvrez Fujifilm avec le X30, ne cherchez pas le bouton d’allumage : vous devez tourner la bague de zoom pour activer l’appareil. Une spécificité propre à la marque qui séduit d’emblée. Rassurez-vous, si comme moi vous craignez d’éteindre le boitier par erreur (il n’y a pas de verrouillage de protection), sachez que la résistance avant le point d’arrêt est suffisamment grande pour éviter de se tromper.

J’ai adoré corriger l’exposition avec un vrai barillet manuel, commande qui se fait rare sur les compacts numériques. Tout comme le filetage présent sur le déclencheur, qui permet de fixer un déclencheur souple (je n’ai pas eu l’occasion de faire l’essai). Autant de détails qui enchanteront les nostalgiques de compacts rétros.

Vos raccourcis comme vous les aimez

D’une manière générale les commandes sont peu nombreuses et bien disposées. La force du X30 réside dans la personnalisation des commandes de l’appareil, qui permettent à chaque photographe de retrouver ses réglages et raccourcis habituels. Pour les réglages plus pointus, la touche raccourci “Q” affiche une interface plus complète, personnalisable en maintenant la touche enfoncée. Tout cela limite l’accès aux réglages pendant la prise de vue.

Fujifilm X30 silver back

J’ai beaucoup apprécié la personnalisation de la seconde bague d’objectif, qui se fait depuis la touche de sélection en façade. Vous avez le choix de la dédier au diaphragme, à la sensibilité ou à la balance des blancs, un réglage utile qui n’a pas d’autre touche dédiée. Une touche de sélection, facilement accessible en façade, permet d’opter pour le réglage du diaphragme ou de celui du temps de pose en mode manuel.

Le trèfle de commande mène aux modes macro, retardateur, flash et au choix du collimateur de mise au point. Toutes ces touches sont configurables, comme la seconde bague, selon vos préférences. J’ai trouvé pratique l’isolement de la touche Lecture à gauche de l’écran. Activable lorsque l’appareil photo est éteint pour accéder directement au mode vue, cette touche est très fréquemment utilisée. En la séparant de tous les autres boutons, Fuji la rend facilement identifiable et limite les risques d’erreurs.

Fonctionnalités multiples

Le X30 bénéficie de 14 modes scène, de 8 types de filtres artistiques et d’un mode exposition multiple, plus créatif, pour s’essayer à la superposition de prises de vues. Le public cible de ce modèle appréciera le jeu de filtres simulant les pellicules Fuji telles que la Provia, la Velvia et l’Astia.

En plus d’une compensation d’exposition accrue, le X30 bénéficie d’un mode Panorama rapide qui corrige automatiquement les irrégularités (attention de ne pas pivoter trop lentement, l’appareil stoppant le diaporama après un nombre maximal de déclenchements), un intervallomètre et un mode rafale à 12 images par seconde en format JPEG (qui s’est montré très efficace pour capturer des baleines en plein saut).

L'option panoramique est d'une grande simplicité d'utilisation (f5,6 1/220)

L’option panoramique est d’une grande simplicité d’utilisation (ici: f5,6 1/220)

Par contre, l’interface logicielle de Fujifilm est loin d’être intuitive et claire et la navigation dans les menus n’est pas la plus plaisante de celles que j’ai observé chez la concurrence. J’ai perdu quelques occasions à chercher le réglage souhaité dans le menu.

OPTIQUE

Le X30 reprend l’excellente optique lumineuse de son prédécesseur (équivalent 28-112 mm ouvrant à f/2-2,8) avec zoom optique manuel (une exclusivité dans sa catégorie) et le même petit capteur X-Trans CMOS II à 12 Mpx de taille 2/3″ (8,8 x 6,6 mm). La combinaison de ces trois éléments permet de travailler une profondeur de champ et créer de beaux flous artistiques, et ce avec une très belle qualité d’image, même en basse lumière.

Le X30 nous a donné les plus beaux résultats lors de scènes contrastées. Dans cet exemple, on constate l'excellente gestion des effets de transparences et des nuances de couleurs de la terre des fioles.

Le X30 nous a donné les plus beaux résultats lors de scènes contrastées. Dans cet exemple, on constate l’excellente gestion des effets de transparences et des nuances de couleurs de la terre des fioles.

Excellent capteur et zoom manuel

Le capteur du X30 est impressionnant et réalise des photos d’une grande netteté et précision, avec une belle dynamique, point faible des capteurs à très haute résolution. La projection de mes clichés sur un téléviseur Full HD de Pioneer m’a impressionné tant les tonalités étaient riches prouvant, pour ceux qui en doutent encore, qu’un large capteur est bien plus important qu’un grand nombre de pixels (un parti pris également par Apple dans le développement de l’appareil photo de l’iPhone).

Non seulement le zoom manuel est un bonheur pour les pros mais il assure une plus grande fiabilité de l’appareil sur le long terme, le zoom étant l’une des premières causes de panne ou de casse chez les compacts.

Autofocus nerveux et précis

L’autofocus hybride, qui allie détection de contrastes et de phase, est très convaincant et plus rapide que celui des modèles antérieurs (0,06s). Il offre les modes AF-S ou AF-C, pour un suivi des sujets en mouvement. Composé de 49 points de mesure, l’AF bénéficie d’une belle réactivité. On peut également ajuster la taille et la précision du collimateur. Je regrette juste qu’il ne soit pas activé par défaut au mode rafale (qu’il fait descendre à 3 images par seconde !). La mise au point manuelle se fait facilement avec la bague de l’objectif. Une option focus peaking est aussi activable.

Le X30 passe avec brio notre test de mise au point automatique: ici en f5 1/800, sur un bateau en mouvement

Le X30 passe avec brio notre test de mise au point automatique: ici en f5 1/800, sur un bateau en mouvement

Sensibilité optimale jusqu’à 800 ISO

Un convertisseur RAW est intégré au menu. Il prend en compte la correction de l’exposition, la balance des blancs et les autres réglages de qualité d’image. La plage ISO s’étend de 100 à 3 200 ISO en RAW et peut grimper jusqu’à 12 800 ISO en JPEG uniquement. Sans surprise, les images sont toutes superbes de 100 à 800 ISO mais à partir de 800 ISO, on perd un peu de détail dans les zones sombres. La plage ISO est globalement exploitable sans incident jusqu’à 1600 ISO. A partir de 3200 ISO, la colorimétrie décline sensiblement. Mais j’ai rarement eu recours à la sensibilité élevée car l’objectif est suffisamment lumineux.

La lumière de fin de journée est reproduite avec beaucoup de fidélité (f4 1/420)

La lumière de fin de journée est reproduite avec beaucoup de fidélité (f4 1/420)

VIDEO

Si le X30 se dote d’un déclencheur vidéo et d’un mode de prise de vues fixes durant l’enregistrement, force est de constater que la vidéo n’est pas le cheval de bataille de Fujifilm, à la traîne face à la concurrence. Je pense par exemple au LX100 (dont les performances sont bien supérieures) et à l’arrivée de la 4K lorsque le X30 ne propose que du Full HD. Le X30 ne dispose pas non plus de sortie casque pour le monitoring. Bonnes nouvelles, il enregistre à présent, en plus du 60p, en 50p, 30p, 25p et 24p au choix et les fichiers obtenus démontrent une belle fluidité. L’ouverture, la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO peuvent être paramétrées pendant l’enregistrement vidéo.

En revanche, la fidélité des couleurs et la vitesse de l’autofocus en mode vidéo sont à la traîne. Si vous filmez autant que vous photographiez avec votre compact, ce modèle n’est pas pour vous (je vous conseille les Lumix). Si vous considérez qu’un appareil photo se destine avant tout à la photographie (!) mais que vous voyez aussi l’intérêt de capturer quelques séquences sur le vif, ce modèle vous donnera pleine satisfaction.

PARTAGE ET CONNECTIQUE

Le X30 est équipé du Wi-Fi, ce que je considérais comme un gadget sans grand intérêt en déballant l’objet. Mais je dois avouer que l’application gratuite pour appareils mobiles (iOS et Android) “Camera Remote”, m’a fait changer d’avis. Sobre, fiable et facile d’utilisation, elle permet de contrôler à distance le X30 via un smartphone ou une tablette, entre autre de faire la mise au point, de déclencher l’obturateur mais aussi de régler la vitesse d’obturation, l’ouverture, la compensation d’exposition et la sensibilité ISO.

Enfin, on peut charger les photos prises avec l’appareil sur son smartphone et les partager directement sur Internet. Très pratique pour illustrer un blog ou un album en ligne lors de voyages sans ordinateur ou connexion Wifi. Enfin, on peut se servir de cette fonctionnalité pour partager les données de géolocalisation de son smartphone et les coupler aux données EXIF des photos stockées sur la carte mémoire. Pas très intuitif dans la pratique.

AUTONOMIE

Le X30 bénéficie d’une autonomie quasi doublée depuis le X20 (environ 470 photos en théorie. J’ai atteind 420 en utilisation modéré et 396 en testant la vidéo et l’AF au maximum). La batterie se recharge dans l’appareil ou sur le chargeur simple. Fujifilm ne vend pas de chargeur multiple.

 

POINTS FORTS (+)
Qualité de construction et finition des matériaux
Objectif lumineux et zoom manuel
Qualité d’image excellente pour un capteur 2/3
Viseur électronique très confortable
Écran orientable
Bonne réactivité générale
Commande depuis smartphone via Wi-Fi
Bonne autonomie (plus de 400 vues)
Nombreuses fonctions de personnalisation

POINTS FAIBLES (-)
Dégagement oculaire trop faible
Pas de niveau électronique
Qualité vidéo décevante

Overzicht scores

Qualité photo
9
Qualité vidéo
7
Ergonomie
8.5
Rapport qualité/prix
8.5
8.3

Rating

Très facile à employer, le Fujifilm X30 s’impose vite comme un compact au look rétro réussi et aux couleurs exceptionnelles, un boitier rassurant en termes de solidité. Il sera le parfait compagnon des reporters ou un excellent boîtier d’appoint pour photographe aguerri et exigeant. Un produit vraiment très complet. Je vous le recommande chaudement.
Ludwig

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