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Echo Labs, le biowearable pour athlètes vraiment utile ?

Gepost op 27/08/2015
Echo Labs, le biowearable pour athlètes vraiment utile ?

La Belgique s’exporte plutôt bien. Technologium est parti à la rencontre de Pierre-Jean Cobut, Namurois d’origine résidant aujourd’hui à Palo Alto – la Mecque des startups. Interview avec le CEO et co-fondateur d’Echo Labs, une boîte qui pourrait bientôt faire de l’ombre aux géants du fitness tracking.

Technologium : Salut Pierre-Jean. De Namur à la Californie : est-ce que tu peux retracer les grandes étapes de ton parcours ayant mené à la création de ta startup ?

Pierre-Jean Cobut : Vie tranquille près de Namur jusque 18 ans puis départ aux US pendant 2 ans. Première année en échange et une deuxième année en médecine. Apres ca, 5 ans dans une autre direction a Solvay avec quelques autres expériences a l’étranger (Japon, Canada). En fin de parcours, un stage intéressant chez P&G à Bruxelles qui donne lieu à un job full-time a Genève. Sur place, près de 4 ans centres principalement sur des lancements de produits. C’est le moment aussi où je me rends compte que les grandes boites ne sont pas faites pour moi. Trop lourd, trop lent, trop procédurier et pas assez d’impact et d’indépendance. Je fonde à ce moment-là ma première boite avec des amis de Solvay. Ça dure à peu près deux ans jusqu’à ce que je décide de quitter l’Europe pour faire un MBA à Sanford. J’y rencontre un ingénieur Israélien surdoué avec qui je deviens ami. On se rend vite compte que nous sommes venus dans la Silicon Valley pour les mêmes raisons, que nos compétences sont complémentaires et on décide de s’associer et de former Echo.

Pierre-Jean Cobut et

Pierre-Jean Cobut et Elad Farber, les deux fondateurs d’Echo Labs.

T : Le “elevator pitch” d’Echo Labs, c’est quoi ?

PJ : Ça part d’un constat qu’à cette époque on connait mieux en temps réel l’état de sa voiture que sa propre sante. Les informations liées a la sante sont à l’heure actuelle principalement disponibles chez le médecin, a l’hôpital ou bien dans un laboratoire alors que le corps humain est un système incroyablement dynamique. On veut apporter le même niveau de connaissance et d’accessibilité d’information qu’un hôpital peut donner mais en temps réel et dans les circonstances de la vie de tous les jours. Nous pensons que ça va révolutionner ce qu’on sait du corps humain et permettre des avancements importants dans la prévention. C’est dans cette optique qu’on a construit ce wearable qui fait une analyse du sang à la fois continue et non-invasive.

T : L’idée vous est venue comment ?

PJ : Un concours de circonstances principalement. Je voulais revenir vers les soins de santé en général. Mon associe avait travaillé sur des technologies optiques applicables à l’analyse du sang. En même temps les premiers wearables sont apparus (Nike Fuelband, Jawbone, Fitbit). On aimait beaucoup le concept de collecte de données pour améliorer la sante mais on trouvait les applications relativement triviales.

T : Donc, ce qui vous différencie de la concurrence et des autres wearables, c’est… ?

PJ : Une optique complètement différente. Un fitness tracker simplifie les choses en t’informant sur ton niveau d’activité. Les données disponibles prouvent que les utilisateurs s’en lassent vite et que ça ne change fondamentalement pas les (mauvaises) habitudes. Les données qui sont capturées ne sont pas particulièrement intéressantes ou utiles. En général, tu sais si tu fais suffisamment de sport ou pas. Par contre, des données de sante qui capturent l’impact de tes choix journaliers (sport, sommeil, choix alimentaires) ou de conditions médicales au jour le jour peuvent vraiment t’apporter une meilleure compréhension et une possibilité de faire des choix plus informes.

Echo Labs biowearable for athletes

Echo Labs travaille sur un “biowearable” de pointe destiné aux athlètes.

T : Si un géant vous propose demain de vous racheter, en tant que startup : est-ce que tu acceptes ? Si oui, à quelles conditions ? Si non, pourquoi ?

PJ : C’est déjà arrivé 2-3 fois. C’est relativement courant pour des petites entreprises (2-10 employés) d’être rachetées par Google, Facebook, ou Apple pour le “talent”. Pour être honnête, ça ne nous intéresse pas. On a une vraie possibilité de construire une entreprise qui va impacter la vie de pas mal de gens. Ça n’a pas vraiment de prix et surtout pas à ce stade.

T : Palo Alto, c’est vraiment l’Eden des startups ? Qu’est-ce qui concrètement vous y facilite la vie en tant qu’entrepreneurs ?

PJ : Absolument. Par rapport à l’Europe, en tout cas par rapport à l’Europe d’il y a 5-10 ans, c’est le jour et la nuit. Il y a une culture qui veut vraiment changer le monde avec des gens qui veulent travailler dur pour y arriver. Il y a aussi un vrai écosystème qui fonctionne pour l’entrepreneuriat: un marché du travail dingue avec des gens très qualifiés, énormément de capital, des incubateurs, etc. On y voit des phénomènes que je n’ai jamais vu en Europe, par exemple des gros cabinets d’avocats qui travaillent pour des start-ups gratuitement, en espérant rester à leur service quand elles deviennent Facebook ou Google. C’est une logique très intelligente.

T : Si c’était à refaire, qu’est-ce que tu ferais différemment ?

PJ : Rien je pense. Je suis très heureux là où je suis, tant au professionnel qu’au personnel. Quand j’ai commencé à m’embêter dans ma carrière “corporate” j’ai décidé de prendre mes décisions afin de maximiser mon bonheur et ce qui est le plus important pour moi (liberté, indépendance, impact, etc.) plutôt que d’obéir a des normes sociales que le monde essaye de nous vendre (titres pompeux, argent, grosse voiture, etc.). Ça marche plutôt bien et ça ne donne pas de regret.

T : Lancer une startup en Belgique, c’est quelque chose que tu pourrais envisager ? Quelles sont les bonnes raisons qui pourraient t’y pousser ? (Subsides, environnement de travail, marché… ?)

PJ : Honnêtement non. La vie d’entrepreneur est hyper gratifiante mais pas facile tous les jours. En créant ma première entreprise en Belgique j’ai remarqué à quel point les aspects légaux, fiscaux et les lois sociales rendent la vie très dure aux entrepreneurs. Je n’ai juste pas envie d’avoir ces difficultés-là en plus du reste. J’ai l’impression que ça commence à changer mais il reste encore beaucoup de progrès à faire avant que l’Europe soit vraiment accueillante pour les entrepreneurs.

T : Dans 5 ans, tu te vois où ? Déjà d’autres projets en tête ?

PJ : Je suis plutôt occupe par mon projet actuel et comme tout va bien je n’ai pas besoin de vraiment penser à autre chose! Je me concentre plutôt sur notre croissance pour une IPO dans 5 ans 😉

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